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Faut-il vraiment crucifier tous les masculinistes ?

Dans la continuité de la grande réflexion sociétale en cours, à l’échelle occidentale, sur les droits des femmes et les violences faites aux femmes, Mediapart vient de sortir “Aux sources du masculinisme”, par Tanguy Grannis. Entre une introduction et une conclusion lapidaires et bien mal argumentées, l’auteur livre quelques réflexions interessantes, notamment sur la tendance historique de celui qui opprime à insister sur la différence avec l’opprimé, quitte à affirmer une égalité dans la différence. L’ensemble forme malgré tout globalement une investigation à charge sur tout questionnement de l’égalité biologique stricte entre hommes et femmes et de la contestation de la position systématique de victime de la femme occidentale.

Bien sûr, l’on ne peut juger de la personalité d’un individu suivant son appartenance à un groupe facilement identifiable quel qu’il soit (homme, femme, …). Certaines tendances statistiques demeurent néanmoins :

1) les filles actuellement réussissent bien mieux à l’école

2) les hommes représentent l’immense majorité de la population carcérale (96.5% en 2016)

3) les garçons ont un risque 4.5 fois plus élevé d’être autistes

3) les hommes représentent une majorité des SDF, notamment à Paris

4) les taux de suicide sont beaucoup plus élevés chez les hommes

Comment expliquer ces différences en affirmant que les femmes sont opprimées et en niant toutes différences psychologiques fondées sur des différences biologiques statistiques (par opposition à essentielles et binaires) ?

Ne sont-ce pas là des chiffres respectables et est-ce faire preuve de je ne sais quel esprit fascisant de se questionner sur ces statistiques plutôt défavorables aux hommes ? Oui, les femmes sont victimes de violences conjuguales plus graves que les hommes (enquête canadienne) mais les hommes peuvent être aussi victimes dans des proportions non négligeables.

Les femmes doivent-elles nécessairement voir en Cassie Jaye une traîtresse ? Ou pourrait-on avoir une discussion appaisée entre personnes de bonne volonté ? La tendance actuelle à dresser les femmes contre les hommes (et réciproquement) en considérant systématiquement qu’il y a groupe dominé et dominant n’est-il pas un problème plus qu’une solution ?