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Faut-il vraiment crucifier tous les masculinistes ?

Dans la continuité de la grande réflexion sociétale en cours, à l’échelle occidentale, sur les droits des femmes et les violences faites aux femmes, Mediapart vient de sortir “Aux sources du masculinisme”, par Tanguy Grannis. Entre une introduction et une conclusion lapidaires et bien mal argumentées, l’auteur livre quelques réflexions interessantes, notamment sur la tendance historique de celui qui opprime à insister sur la différence avec l’opprimé, quitte à affirmer une égalité dans la différence. L’ensemble forme malgré tout globalement une investigation à charge sur tout questionnement de l’égalité biologique stricte entre hommes et femmes et de la contestation de la position systématique de victime de la femme occidentale.

Bien sûr, l’on ne peut juger de la personalité d’un individu suivant son appartenance à un groupe facilement identifiable quel qu’il soit (homme, femme, …). Certaines tendances statistiques demeurent néanmoins :

1) les filles actuellement réussissent bien mieux à l’école

2) les hommes représentent l’immense majorité de la population carcérale (96.5% en 2016)

3) les garçons ont un risque 4.5 fois plus élevé d’être autistes

3) les hommes représentent une majorité des SDF, notamment à Paris

4) les taux de suicide sont beaucoup plus élevés chez les hommes

Comment expliquer ces différences en affirmant que les femmes sont opprimées et en niant toutes différences psychologiques fondées sur des différences biologiques statistiques (par opposition à essentielles et binaires) ?

Ne sont-ce pas là des chiffres respectables et est-ce faire preuve de je ne sais quel esprit fascisant de se questionner sur ces statistiques plutôt défavorables aux hommes ? Oui, les femmes sont victimes de violences conjuguales plus graves que les hommes (enquête canadienne) mais les hommes peuvent être aussi victimes dans des proportions non négligeables.

Les femmes doivent-elles nécessairement voir en Cassie Jaye une traîtresse ? Ou pourrait-on avoir une discussion appaisée entre personnes de bonne volonté ? La tendance actuelle à dresser les femmes contre les hommes (et réciproquement) en considérant systématiquement qu’il y a groupe dominé et dominant n’est-il pas un problème plus qu’une solution ?

Le devoir chrétien de l’imagination

Obéissez à Dieu avec votre créativité

Ecrit le 8 octobre 2018, par John Piper, traduit le 23 décembre 2018 par Corentin Barbu avec l’aide de deepl

Un des grands devoirs de notre esprit en tant que chrétien est l’imagination. Mais toutes les utilisations de l’imagination ne constituent pas un devoir chrétien. Certaines sont exactement le contraire. L’imagination n’est pas non plus le seul devoir de l’esprit chrétien. Notre esprit a aussi la responsabilité d’observer, analyser et organiser.

L’imagination se manifeste lorsque l’esprit va au-delà de l’observation, de l’analyse et de l’organisation de ce qui nous entoure, et imagine ce qui n’est pas vu, mais pourrait être là – et ce qui pourrait expliquer ce que nous voyons (comme dans le cas de la plupart des recherches scientifiques). L’imagination se produit aussi lorsque l’esprit imagine une nouvelle façon de représenter ce qui existe déjà (comme dans le cas de l’écriture créative, de la musique et de l’art).

L’imagination détournée

Il y a une imagination incroyablement créative, mais trompeuse, voire pathologique. Le livre des Proverbes dépeint de façon créative ce genre de créativité trompeuse. Par exemple,

Proverbes 26:13-16 :

Le paresseux dit : « Il y a un lion qui barre la route,
un fauve qui parcourt les rues. »
Comme la porte tourne sur ses gonds,
le paresseux se tourne sur son lit.
Le paresseux plonge sa main dans le plat,
mais il trouve trop pénible de la ramener à sa bouche.
Le paresseux se croit plus sage
que sept hommes qui parlent avec bon sens.

Ces versets pittoresques (imaginatifs !) pourraient être quatre proverbes distincts qui ne sont liés que par le fait qu’ils ne concernent que le paresseux. Mais je soupçonne qu’il y a plus que cela dans ce groupe.

“Quand une personne parle, écrit, chante ou peint une beauté à couper le souffle d’une manière ennuyeuse, c’est probablement un péché.”

L’imagination du paresseux bat son plein au verset 13. Il invente, avec son imagination débordante, une situation inexistante pour justifier sa flemme de se lever de “Il y a un lion dans les rues !” Il ne veut pas sortir. Ainsi, son imagination se met en marche et crée une situation dans laquelle il ne peut pas sortir. C’est trompeur. Il utilise son imagination pour mentir.

Mais ça pourrait être pire que ça. Il pourrait même croire en son imagination. Les deux proverbes du milieu soulignent la profondeur de la paresse de cet homme. Il reste au lit. La plus grande partie de sa production est comme celle d’une porte sur une charnière. Du mouvement. Mais aucun progrès.

Comme une porte tourne sur ses charnières,
tout comme un paresseux sur son lit.

Quand il arrive à la table du petit déjeuner, il est si paresseux qu’il peut mettre sa main dans le plat, mais il ne peut pas l’en ôter. Cet homme est en route vers la famine. Ça ne marchera jamais. Il ne peut pas manger.

Le paresseux enfouit sa main dans le plat ;
ça l’épuise de le ramener à sa bouche.

Ce qui est important, c’est que la paresse mène à l’autodestruction.

Mais ensuite vient l’assommoir. Cet homme se croit brillant. Il est plus impressionné par la finesse de ses pouvoirs imaginatifs (“Il y a un lion dans les rues !”) que par la vraie sagesse de 7 sages.

Le paresseux est plus sage à ses propres yeux
que sept hommes qui peuvent répondre raisonnablement.

En d’autres termes, son imagination a atteint un tel niveau de créativité et d’ingéniosité au service de sa paresse qu’il a perdu contact avec la réalité et vit dans sa propre cage de fantaisie magistralement conçue. C’est pourquoi j’ai dit que l’imagination peut être pathologique. Ce n’est pas un devoir chrétien, mais une défection chrétienne. Le péché a détourné l’imagination et en a fait un instrument pour se tromper lui-même.

Des esprits comme Dieu les veut

Passons donc de cet usage destructeur de l’imagination au devoir chrétien de l’imagination. Je dis que l’imagination est un devoir chrétien pour deux raisons. La première est que vous ne pouvez pas appliquer la Règle d’or de Jésus sans elle. Il a dit : “Tout ce que vous voulez que les autres vous fassent, faites-le aussi pour eux” (Matthieu 7:12). Nous devons nous imaginer à leur place et imaginer ce que nous aimerions qu’on fasse pour nous. L’amour compatissant, sympathique et serviable dépend beaucoup de l’imagination de celui qui aime.

“L’imagination est la faculté de l’esprit que Dieu nous a donné pour rendre belle la communication de sa beauté.”
L’autre raison pour laquelle je dis que l’imagination est un devoir chrétien, c’est que lorsqu’une personne parle, écrit, chante ou peint une vérité à couper le souffle d’une manière ennuyeuse, c’est probablement un péché. La suprématie de Dieu dans la vie de l’esprit n’est pas honorée quand Dieu et son monde étonnant sont observés avec attention, analysés avec justesse, organisés clairement, mais communiqués de manière ennuyeuse.

L’imagination est l’une des clés pour éviter un tel ennui. Nous devons imaginer des façons de dire la vérité telle qu’elle est réellement. Et ce n’est pas ennuyeux. Le monde de Dieu – tout entier – résonne de merveilles. L’imagination appelle de nouveaux mots, de nouvelles images, de nouvelles analogies, de nouvelles métaphores, de nouvelles illustrations, de nouveaux rapprochements pour dire une vérité ancienne et glorieuse – que ce soit celle du monde ou celle de la parole de Dieu. L’imagination est la faculté de l’esprit que Dieu nous a donné pour rendre belle la communication de sa beauté.

L’imagination est peut-être le travail le plus difficile pour l’esprit humain. Et peut-être le plus divin. C’est ce qui nous rapproche le plus de la création à partir de rien. Quand nous essayons d’exprimer une belle vérité, nous devons penser à l’arrangement des mots, peut-être à un poème. Nous devons concevoir quelque chose qui n’a jamais existé auparavant et qui n’existe encore dans aucun esprit humain. Il faut songer à une analogie, une métaphore ou une illustration qui n’existe pas encore. L’imagination doit s’exercer pour la voir dans notre esprit alors elle n’est pas là. Nous devons créer des combinaisons de mots, de notes et d’images qui n’ont jamais existé auparavant. Tout cela, nous le faisons parce que nous sommes comme Dieu et parce qu’il est infiniment digne d’expressions verbales, musicales et visuelles toujours nouvelles.

Inventez un chant nouveau

Un collège – ou une église, ou une famille – qui s’engage à la suprématie de Dieu dans la vie de l’esprit cultivera beaucoup d’imagination fertile, et mêmes quelques unes formidables. Et ô combien le monde a besoin d’esprits inspirés par Dieu qui puissent parler des grandes œuvres de Dieu, chanter ses grandes œuvres et jouer de ces grandes œuvres de Dieu comme on ne l’a jamais dit, chanté ou joué auparavant.

“Dieu est infiniment digne d’expressions verbales, musicales et visuelles toujours nouvelles.”
L’imagination est contagieuse. Lorsque vous êtes en présence de quelqu’un (vivant ou mort) qui l’utilise beaucoup, vous avez tendance à l’attraper. Je vous suggère donc de fréquenter des personnes contagieuses (mortes ou vivantes) qui débordent d’imagination pour s’exprimer. (La Bible est peut-être le livre de prose le plus imaginatif au monde. Non pas parce qu’il crée une réalité qui n’est pas là, mais parce qu’il la dépeint de si nombreuses et surprenantes manières.

L’imagination est comme un muscle. Elle devient plus forte quand on la travaille. Et on dois la faire travailler. Elle ne se met généralement pas en action d’elle-même. Elle attend notre volonté. Je vous encourage à exercer cette capacité de votre esprit. Faites des efforts conscients pour exprimer la vérité précieuse de façon frappante et efficace. Trouvez de nouvelles façons de dire une vérité ancienne. Dieu en est digne. “Chantez au Seigneur un cantique nouveau ” (Psaume 96:1 ; 33:3 ; 98:1 ; 144:9 ; 149:1 ; Isaïe 42:10) – ou image, ou poème, ou figure de style. Fuyons ensemble le péché d’ennuyer les gens en leur parlant de Dieu, de ses réalisations et de ses actions étonnantes.

Gilets jaunes #E101

1Malheur à ces législateurs |qui édictent des lois iniques,
et à ceux qui rédigent |des décrets qui engendrent la misère,
2pour refuser aux miséreux |que justice leur soit rendue,
pour priver de leur droit |les pauvres de mon peuple,
pour dépouiller les veuves,
et pour piller les orphelins.
3Que ferez-vous au jour |du règlement de comptes,
lorsque la destruction |viendra sur vous de loin ?
Vers qui donc fuirez-vous |pour avoir du secours ?
Et où cacherez-vous |l’amas de vos richesses ?
4Il ne restera rien à faire |sinon se courber sous le joug |parmi les prisonniers
ou tomber parmi les victimes.
La Bible, Esaïe 10. 1-3, traduction du Semeu
Je ne peux qu’être pour des taxes sur les carburants étant donné le changement climatique mais ce gouvernement a dressé tout le monde contre tout le monde :
  • les fonctionnaires sont les privilégiés (les concours sont ouverts à tous),
  • les retraités sont les privilégiés,
  • ceux qui prennent les lignes de train par rentable,
  • ceux qui prennent leur voiture à combustion (rappellez moi la différence de prix à l’achat combustion/électrique pour une voiture qui ne permet pas de partir en vacances)
  • les agriculteurs sont des empoisonneurs,
  • ceux qui ont besoin de minima sociaux,
  • ceux qui se font soigner et remboursé par la sécu qui coûtent trop cher
  • ceux qui les soignent qui ne savent pas s’organiser
  • … sauf les plus riches, dont la richesse a été multiplié par 7 depuis 20 ans. Eux ils faut les arroser, on ne les rémunère pas encore à leur juste valeur, et s’ils s’en vont avec pognon, au lieu de leur envoyer la police on décide que finalement on le leur doit bien !?! Comment s’étonner que le peuple soit dans la rue.
  • … sauf les députés qui peuvent empocher plus de 5000€ net par mois pour voter oui car ils doivent tout au président, d’ailleurs ils n’ont même pas besoin d’être là.
#E101 comme Esaïe 10.1 et il se trouve que c’est aussi Economie 101, cours d’économie de base en anglais US: la justice est la base d’une société qui fonctionne.

update R

Updating R can be a nightmare. And it happens much too often. The base R part is not so much an issue, it’s more updating all the packages as the right way to reinstall is not necessarily well documented.

The way I do it? (It also works for reinstalling everything on a brand new Ubuntu)

  1. copy all packages folders from last version folder to new version folder, ex:
    cp ~/R/x86_64-pc-linux-gnu-library/3.4 ~/R/x86_64-pc-linux-gnu-library/3.5
  2. update all the installed packages (it’s smart enough to do it only if needed)
    update.packages(checkBuilt = TRUE, ask = FALSE)
  3. check error messages in the above they will tell you what needs to be done on the “apt” side

Visite au Futuroscope

Un grand parc pour grands à améliorer pour les petits. Il faudra notamment alterner les attractions généralement interdites aux jeunes enfants et les spectacles où tout le monde est bienvenu (point de vue de Papa de 4, 2-8 ans).

Bilan sur les attractions

La VR avec Sébastien Loeb est immersive (attention quand même au mal de voiture, il conduit comme un champion du monde de rallye), “Danse avec les robots” est quand même un peu tarré ce sont des bras robotisés d’usine qui vous tournent dans tous les sens… Le programme 3 peu vous esquinter. Dynamic secoue bien aussi. Le voyage extraordinaire est très beau mais sans grand rapport avec la file d’attente, surtout avec le hall d’entrée flippant pour mon fils de 5 ans a failli passer à côté d’un super voyage…
“Choc cosmique” est d’un calme reposant malgré son nom, parfait pour requinquer toute la famille de ses émotions. “Le monde de l’invisible” est étonnant et magnifique. “Dans les yeux de Thomas Pesqier” en Imax présente de manière saisissante le quotidien en apesanteur de l’ISS (á propos d’apesanteur, pour les grands, ne pas rater le toboggan “chute libre” de l’Arena qui offre une de demi seconde de quasi apesanteur !). La Vienne dynamique est sympa et surtout précédée du magnifique pré spectacle du rideau d’eau mobile. Illusio donne à voir en quelques minutes un authentique spectacle de magie qui ravira tout le monde. La forge aux étoiles est esthétique (audio et visuel) et vaut le couché tardif (mais pas la bronchite, venez couverts). Des divers cinémas 3D, plus ou moins agités, studio 16 et son “fils du Big foot” a ma préférence pour une 3D lumineuse et soignée. Même si les toiles d’araignées d’Arthur et les minimoys sont très réussies…

Recommendations générales :

– destination possible pour un jour froid et/ou pluvieux car beaucoup d’activités en intérieur. Prévoir tout de même de bonnes chaussures ou des bottes car les flaques ne manquent pas. Plusieurs attractions ferment cependant (monde des enfants (dont graines de pilotes etc.), gyrotour, forge aux étoiles, et même les grands toboggans de l’Arena qui ne glissent pas bien avec l’humidité…
– profitez des queues et pré spectacles souvent très soignés
– marchez. Beaucoup. D’abord les attractions sont assez regroupées par type, donc pour varier les plaisirs il faut passer d’une zone à l’autre et puis ça réveille tout le corps entre deux attractions plus ou moins virtuelles.
– ok, les petites histoires des attractions sont nulles (même pour mon gars de 8 ans) et sauver le monde en 1mn 30 à chaque attraction c’est un tantinet lassant, faites en du second degré…
– se jeter sur les “fat boy”, gros coussins d’extérieur (en mettre plusieurs verticaux les uns contre les autres c’est plus confortable)
– les moins de 5 ans risquent de s’ennuyer sec, même les aires de jeux en extérieurs sont plutôt pensées 5 voir 8 ans et plus. Les files d’attente sont régulièrement interdites aux enfants non autorisés dans l’attraction ce qui sépare inutilement la famille souvent pendant plus d’une demi heure. C’est d’autant plus dommage que les files d’attente sont ludiques, souvent très adaptées aux plus petits et qu’on y passe un certain temps ! De toute façon il y a aussi du personnel et des sorties de file à l’entrée des attractions… Intransigeance incompréhensible venant visiblement de haut. Et non, la contremarque permettant de faire passer rapidement le parent qui reste avec un enfant en bas âge n’est pas un effort pour les petits mais pour les parents.
– vu les restrictions si dessus oubliez l’idée d’une visite avec un jeune enfant, un grand et un adulte. Le grand devant faire des queues de 40mn seul va pas en garder de bons souvenirs. Et le petit obliger d’attendre à la sortie en permanence mon plus.

Conclusion

  1. Un très beau parc où toute la famille gardera de bons souvenirs mais où il y a des efforts (simple) å faire pour les plus petits et les familles mono parentales (pour la vie ou pour la journée). Je me demande quand même si ils ne se tirent pas sérieusement une balle dans le pied en étant aussi tourné vers les grands enfants/ados tout en forçant le côté “petite histoire à chaque attraction” tout de même assez gnangnan pour des ados.

Human lead climate change didn’t start yesterday

… or even 200 years ago but more likely 5000 years ago !

 

Science reliability

Science has an issue with reliability. How much are we in trouble?

One striking example: after the US National Heart, Lung and Blood Institute required researchers to pre-register their studies, the proportion of studies finding positive results declined from 57 per cent to 8 per cent. (From an article on RCT in social sciences).

Human power and responsability

There is no natural environment. Or at least so little left. Most of what you think about is not untouched nature. Apples have tremendously changed, selected by the human hand. Same for wheat, cows, … So little we eat is untouched nature. Same for the landscape. A park isn’t. Most forests aren’t, including much of the Amazon Forest. Whether you like it or not we shaped the world in so many ways, but so little compared to what plant did: those folks, together with a bunch of microorganisms created dirt and made the atmosphere oxygen rich!
Life thrives on those telluric transformations. But we also invented concrete and dragging nets. And life is having a setback. Sure we are part of life and currently a decisive change force. It is on our shoulders to take the fabulous adventure of life to new heights or to empty it. Bit by bit.

Les différentes formes d’économies et leur interdépendance

Les différentes formes d’économies et leur interdépendance

Certains s’interrogent régulièrement sur la pertinence de l’économie de marché, sur la marchandisation du monde par ailleurs d’autres tels que Jean-François Revel prétendent qu’il n’y en a pas d’autre. Comme proposé dans le billet précédent, je définirais ici l’économie et les différentes formes qu’elle peut prendre.

Economie et formes d’échanges

L’économie c’est la manière d’attribuer des ressources limitées entre les différents acteurs de la société. Une économie se définit donc naturellement par qui décide des  transferts de bien. De ce point de vue, 4 et seulement 4 type de transferts sont possibles : le don (décidé par le donneur), le vol (décidé par le voleur), le transfert dicté par un tiers (tel que l’état ou un parent entre deux enfants) et le marché : échange pour une contrepartie librement fixé par un vendeur et un acheteur. Cette contrepartie est définie par le prix d’achat, librement proposé par le vendeur et validé par le vendeur lors de l’achat.

Ces quatre formes d’échanges, élargies à tout un domaine deviennent des systèmes économiques, l’économie du don est très importante en France au sein de la famille et du monde associatif, l’économie du vol correspond à ce que j’appellerai la loi de la jungle, le transfert dicté par un tiers correspond à l’économie planifiée par un agent dominant (typiquement par le gouvernement comme dans les pays communistes du XXème siècle), enfin, l‘économie de marché qui règle une grande partie des transferts de biens dans nos sociétés.

On peut raisonnablement considérer que ces 4 formes d’échanges sont pratiquées dans toutes les sociétés depuis que l’homme est homme et il est difficile dans l’absolu de dire à priori que l’une de ces formes d’échange est fondamentalement meilleure que les autres. On imagine difficilement une famille nucléaire purement réglée par l’économie de marché. L’échange dicté par un tiers est fondamental à l’exercice de la justice, l’impôt étant une manifestation essentielle de l’économie planifiée : l’état imposant à chacun de donner de l’argent aux juges, policiers, militaires mais aussi cantonniers et autres fournisseurs de services publiques. Imaginer que tout puisse être réglé par ces trois premières formes d’échange et se passer de l’économie de marché est un thème récurrent de la politique et c’est là que le recours à l’histoire est utile, les sociétés où l’économie de marché étaient réduite à la portion congrue n’ont pas manqué dans l’histoire du monde, l’URSS étaient extrêmement planifiée : l’information sur les besoins et les ressources remontait à un pouvoir central qui déterminait des quotas d’allocations et de productions pour tout le monde.

La nécessité de l’économie de marché

De manière systématique dans l’histoire, le remplacement de la planification par le marché a conduit à un accroissement de la richesse de tous les derniers exemples en sont la Chine, l’Inde et la Russie. Auparavant, les sociétés féodales européennes ont vu leur prospérité augmenter drastiquement alors que le pouvoir des nobles a été largement remplacé par l’économie marchande de la renaissance au premier empire. Dans tous ces cas le verdict est sans appel, l’augmentation de la prospérité des pays est directement liée à l’augmentation de la part de l’économie de marché dans leur économie. L’exemple de la Russie montre qu’il ne faut pas confondre la simple augmentation du libéralisme et la croissance de l’économie de marché. La Russie a bien vu une libéralisation impressionnante de son économie mais dans un contexte où la faiblesse de la justice favorise avec l’augmentation de la liberté autant l’économie de marché que la loi de la jungle. En particulier la faiblesse de la justice par rapport au pouvoir exécutif permet à M. Poutine d’exercer sa loi impunément en Russie au travers même de l’appareil d’état.

Qu’est-ce qui fait donc le succès de l’économie de marché : en un mot, la circulation de l’information, comme identifié dès le début du XXème siècle par le prix Nobel d’économie Friedrich Hayek. La grande difficulté de l’économie planifiée c’est de connaître à l’avance les besoins de chacun, plus le système est grand, plus la planification est difficile non seulement parce que le bazar à organiser est important mais surtout parce que il faut faire remonter l’information au centre planificateur. Ce travail titanesque occupait des milliers de fonctionnaires en Russie ou en Chine pour déterminer jusqu’aux productions de chaussures et de pain, de manière extrêmement inefficace : de manière récurrente les piles de chaussures qui ne trouvaient pas preneur s’accumulaient alors que des denrées alimentaires manquaient cruellement ou réciproquement. Le marché basé sur les prix librement consenti remplace avantageusement ce système complexe : le travail de détermination des priorités est réalisé par les ensembles d’acheteurs prêts à augmenter les prix qu’ils sont prêts à payer reflétant ainsi la nécessité qu’ils ont d’un produit, les vendeurs pouvant au contraire être prêt à baisser leurs prix quand l’approvisionnement est abondant ou leur efficacité augmente. Ainsi Alan Greenspan rapporte dans le temps des turbulences qu’il s’est entretenu avec un “régulateur de marché” chinois qui se réjouissait de voir son travail considérablement allégé lors de la libéralisation de son marché. Auparavant il recevait très tôt le matin toutes les demandes et toutes les offres et déterminait l’ensemble des échanges qui devaient avoir lieu, un travail énorme disparu lors du passage à l’utilisation de prix pour ce type de marchés en Chine, ne lui laissant plus que des fonctions de police. C’est la leçon centrale qu’il ne faudra jamais oublier lors de nos prochains raisonnements : l’économie de marché est efficace parce que le prix transmet l’information sur l’équilibre entre offre et demande. Toute contrainte sur les prix fausse l’information transmise et ainsi diminue l’efficacité de l’économie de marché. Une contrainte forte peut être l’absence de monnaie qui limite dans l’économie de troc le prix à des biens qui puissent être échangés directement ce qui rend la transmission beaucoup moins fluide et donc beaucoup moins efficace.

Pourquoi le prix est-il si efficace ? Parce qu’on peut globalement compter sur les gens pour arbitrer entre leurs différents besoins, c’est à dire à tirer un profit maximum, qu’il soit matériel ou pas (temps, indépendance, valeurs, …).

Interdépendance des formes d’échange

L’économie de marché doit-elle donc tout diriger, ou comme la question est à tort formulé dans les médias : “Faut-il laisser libre court à un libéralisme économique débridé” ? Le libéralisme économique c’est une philosophie héritée des lumières qui suppose que plus les acteurs sont libres mieux les choses se passent. On voit tout de suite le lien avec l’économie de marché: il faut des prix libres donc l’économie de marché serait libérale. C’est oublier que pour que les gens soient libres de fixer les prix il faut aussi qu’ils soient garantis de ne pas se faire voler par un plus fort qu’eux ce qui est la deuxième base de l’économie de marché : l’état de droit qui s’oppose à la loi de la jungle vers laquelle tendrait un libéralisme absolu. L’économie de marché a besoin essentiellement d’une loi qui protège la propriété privée, qui soit stable et appliquée.

Or seul l’impôt et donc une certaine planification de l’économie permet une justice et une police indépendantes pouvant exercer cette justice comme identifié dès l’origine par Adam Smith. On peut ainsi dire qu’économie planifiée et économie de marché ne peuvent aller l’une sans l’autre, la première garantissant le respect de la propriété privé (sans parler des autres bénéfices des impôts pour les entreprises comme pour les individus) et la deuxième apportant son efficacité dans la transmission de l’information de rareté pour une distribution optimale des biens. On peut aussi argumenter que le don est nécessaire au maintien de l’espèce humaine tant que tout le monde ne naîtra pas dans une éprouvette-couveuse, sans parler des besoins d’ordre spirituel si comme beaucoup peuvent en témoigner il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. Il est même possible d’argumenter que le vol ait une valeur redistributive à la Robin des bois lorsque les autres formes d’échange sont en faillite, la tolérance d’un certain niveau de vol est du moins un mal nécessaire pour éviter d’allouer de trop grandes ressources à son contrôle.

Ainsi la coexistence de ces quatre formes d’échanges dans une société est inévitable et, à l’exception sans doute du vol, ces différentes formes d’économies sont nécessaires, l’économie du don apporte la vie, l’économie planifiée apporte la justice et l’économie de marché apporte l’efficacité. Bien sûr, d’autres classifications de formes d’économies non basées sur qui décide du transfert peuvent être utilisées, notamment en distinguant les différentes sphères d’application (économie domestique, économie internationale, …). Mais nous verrons par la suite

Ces bases étant posées je vous propose d’aborder le problème central de la place de l’État dans l’économie de marché, au delà de l’application du respect de la loi et notamment de la propriété privée.


Notons tout de même que l’économie souterraine et notamment le marché noir est un cas où privé de l’état et notamment de la justice de l’état un semblant d’économie de marché peut se développer.

Introduction à la série de billets sur l’économie

L’opposition droite-gauche se caractérise de manière croissante en France par une guerre de tranchée médiatique entre tenant du libéralisme et anti-capitalistes. Les uns pronant farouchement un recul de l’état dans tous les domaines, les autres rejetant en bloc le capitalisme comme la source de tous nos maux. Cette opposition manichéenne se fonde essentiellement d’après moi sur l’illétrisme économique (et historique) français et peut-être occidental, j’ai moi même pris conscience de mon propre niveau d’ignorance à la lecture de deux livres. Je recommande chaudement le premier : Le temps des turbulences d’Alan Greenspan qui fut président de la banque centrale des Etats-Unis pendant près de 20 ans. Je recommande moins chaudement le deuxième, Basic Economics par Thomas Sowell, écrivain en économie qui a enseigné dans de nombreuses université. Si ce dernier livre a le mérite de poser clairement les bases il a aussi parfois un parti pris philosophique libéral qui limite son approche objective des faits, de plus il se répète énormément.

Dans les billets suivants, je commencerai par définir ce qu’est une économie et les différentes formes qu’elle peut prendre, clés indispensables pour ne pas se faire balader par l’utilisation interchangeable dans les médias d’économie de marché, de libéralisme et de capitalisme. Nous verons ainsi que l’économie de marché n’est qu’un des modes d’échanges, peut-être pas le plus répandu d’ailleurs, et que ces différents modes d’échanges dépendent intimement les uns des autres de sorte que le grand problème économique c’est la place que l’on doit donner à chacun de ces modes d’échanges. Nous nous intéresserons ensuite à la place de l’État dans l’économie, à travers les problèmes de santé humaine et environnementale, de la gestion des monopoles, nous nous interesserons aussi à la place des sociétés et au problème de la transmission du capitale (héritage). Les rôles de l’argent, des dettes et des banques sont autant de sujets qui pourraient aussi alimenter mes billets.

Ces notes seront autant que possible basées sur les réussites et limites observées historiquement et qui fournissent au raisonnement économique une assise franche et peu discutable pour peu que l’on accepte de s’en tenir aux faits laissant de côté nos idéologies. Je soutiens que ce raisonnement peut guider les choix politiques de manière sûre pour de nombreux choix de politique économique même si l’analyse d’autres politiques peut être ambigüe (et peut-être ne doit-on pas alors attendre d’effet clair et net sur l’économie). Dans tous les cas, j’appellerais à ne pas rejeter les bases du raisonnement sur la simple base des erreurs du passé : l’erreur dans le raisonnement est humaine mais n’implique pas qu’il faille en rejeter les bases. Au contraire, les erreurs passées et la comparaison de différents systèmes économiques comtemporains peuvent dans bien des cas guider nos choix aujourd’hui.

Que vous souhaitiez ou non poursuivre l’exploration de la science économique au delà de ces pages, j’espère vous donner succintement les clés pour analyser telle ou telle décision de politique économique, clés que j’aimerais voir enseigner dans les écoles du monde entier et que j’espère du moins transmettre par ces billets à mes enfants. Voyons d’abord que l’économie de marché n’est pas la seule possible 🙂